( AFP / RONALDO SCHEMIDT )
Les États-Unis ont commencé l'année avec une inflation en net ralentissement, une "victoire" selon la présidence Trump pressée jusque dans son camp de stopper l'érosion du pouvoir d'achat.
L'inflation a progressé de 2,4% sur un an en janvier contre 2,7% le mois précédent, selon l'indice des prix à la consommation (CPI) publié vendredi.
La décélération est un peu plus forte que ce qui était attendu par les analystes.
La nouvelle a été accueillie comme une "victoire" par la Maison-Blanche.
Dans un communiqué, un porte-parole décrit l'inflation comme "basse et stable" et affirme que Donald Trump a "vaincu la crise inflationniste de Joe Biden", son prédécesseur démocrate.
Même moins vite, les prix continuent cependant d'augmenter et les étiquettes affolent une grande partie des consommateurs, faisant craindre aux républicains de perdre des voix lors des élections programmées en fin d'année.
Le redressement du pouvoir d'achat des Américains était une grande promesse de campagne de Donald Trump.
Au début de son mandat, l'inflation avait poursuivi la décélération entamée sous Joe Biden, par rapport au pic atteint au printemps 2022, un legs de la pandémie de Covid-19.
L'indice CPI ne progressait plus que de 2,3% sur un an en avril 2025, période correspondant à l'annonce par Donald Trump d'un fort relèvement des droits de douane sur les produits importés.
L'inflation s'était de nouveau accélérée dans la foulée, la Maison-Blanche refusant d'y voir une conséquence de ses surtaxes.
- Surtaxes détricotées -
Le ralentissement observé en janvier "renforce notre conviction que les hausses des prix des biens liées aux droits de douane sont largement derrière nous", commente dans une note Bernard Yaros, d'Oxford Economics.
"La bonne nouvelle", souligne Diane Swonk auprès de l'AFP, "c'est que le gouvernement a entendu les plaintes" concernant l'impact négatif des droits de douane sur l'économie américaine.
L'économiste du cabinet KPMG rappelle qu'il s'est employé depuis l'automne à détricoter certaines des surtaxes.
Le tassement de l'inflation est notamment influencé par la baisse du carburant (-7,5% en janvier sur un an). Les consommateurs profitent aussi d'une ristourne sur les véhicules d'occasion (-2%).
En revanche, les factures de gaz et d'électricité sont douloureuses (respectivement +9,8% et +6,3% sur un an).
Le prix des œufs, qui s'était envolé l'an dernier en raison d'une chute de production due à la grippe aviaire, a plongé d'environ 34% par rapport à janvier 2025.
Dans son ensemble, l'alimentation progresse cependant de 2,9%.
En ce début d'année, les compagnies aériennes ont par ailleurs nettement augmenté le coût des billets (+6,5% sur un mois).
"Même si les salaires ont augmenté, en moyenne, plus vite que l'inflation ces dernières années, il faut beaucoup de temps pour rattraper les effets cumulés des hausses de prix subies", reprend Mme Swonk auprès de l'AFP. "Cela reste inabordable pour de nombreux, trop nombreux, ménages."
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